Cette vue panoramique s’inscrit dans le cadre d’un premier relevé photographique effectué à Moroni lors de nos travaux de terrain entre le 09/01/2023 au 07/02/2023. Elle s’ajoute comme méthode de recueil de données par de l’observation et de l’analyse visuel pour notre thèse dont l’intitulé est « processus de production de la ville africaine, Moroni (Comores) : ville héritage, bidonvilisation et envie de capitale, une métropole malgré elle ».
La ville est la capitale des Comores et le chef-lieu de l’île de la Grande Comore. Les îles forment un archipel et sont des anciennes colonies françaises localisées dans l’Océan Indien entre la côte ouest de Madagascar et la côte est africaine. Il est composé de la Grande Comore, d’Anjouan, de Mohéli et de Mayotte restée sous administration française depuis 1975, lors de la proclamation de l’indépendance du pays. La ville connaît un processus de production contemporaine africaine particulière, confrontée à de fortes croissances démographiques, à des inégalités socio-territoriales, lisibles par une bidonvilisation des périphéries, à un déficit récurrent d’infrastructures et à des enjeux de protection environnementale, formulés à l’échelle planétaire. A travers et au travers de ce défilé d’images, nous remontons Moroni à partir de son bidonville vers sa ville centre.
Comme elle combine à la fois les éléments architecturaux et socio-politico-culturels d’une ville héritage et enclose, et des indices d’un changement plus récent, notamment la forte présence d’habitats précaires localisés dans des endroits parfois éloignés des équipements, certains difficiles d’accès, où l’absence d’urbanité atteste la fabrication de bidonvilles autour de ces derniers, nous analysons l’espace et les usages. A partir de la photographie, nous séquençons un parcours de seuils physiquement ou symboliquement repérables en matière de production de la ville en montrant ses ruptures socio-spatio-économique.
Moroni c’est d’abord la médina, ensuite le centre-ville jouxtant Moroni intra-muros, le quartier de La Place de France où siégeait la banque de Madagascar et des Comores sous l’administration coloniale française construite dans les années 50 et la place de l’Indépendance, où se trouvait l’administration. Puis dans la partie occidentale, La Coulée de Lave avec ses boulevards et routes à l’allure occidentale où se localisent les anciens bâtiments des fonctionnaires et la partie orientale, lieu longeant aussi des boulevards jusqu’au palais du peuple siège de l’Assemblée Nationale rénovée récemment avec le concours de la Chine. Il se trouve aussi un ministère et des institutions comme la cour constitutionnelle, et des activités commerciales et financières sont apparu dans le prolongement de l’histoire urbaine de Moroni après l’indépendance. Depuis 1975 et l’indépendance de l’archipel jusqu’à nos jours, aucune autre action urbaine concrète en rapport au développement de nouveaux quartiers s’en est suivie. Pourtant plusieurs quartiers à l’habitat précaire se sont développés.

Ces habitats construits avec des matériaux précaires logent en grande partie des fonctionnaires, des revendeurs à la sauvette et des marchés de Moroni, des chauffeurs de taxi, maçons/artisans, etc. Tous ceux que la société rejette en les nommant «de populations étrangères », et les autorités les qualifient d’exerçant des activités informelles pourtant habitants de la métropole dont la municipalité de Moroni leur fait payer une taxe journalière, hebdomadaire, mensuelle et annuelle par rapport aux activités qu’ils s’adonnent et les Moroniens leur font louer le foncier. Ce genre de quartier forme les bidonvilles de Moroni. Ils sont des répliques d’une organisation spatiale telle qu’on pourrait la trouver dans un quartier normal à l’instar des quartiers du centre. L’image qui suit montre bien cette organisation spatiale. Le quartier de Cap 2000 est une preuve d’une orientation du style d’habitat vers une organisation de l’espace. Néanmoins, le maque d’équipement pour soutenir cette évolution de l’habitat atteste toujours la présence dans un bidonville. Nous avons observé des services privés comme les soutiens à l’informatique et à la bureautique, les services de cyber-café, de restauration et de commerce. Mais en croire les autorités publiques, il s’agit toutes d’activités informelles, puisqu’elles échappent à tout contrôle publics.

La construction en dur témoigne une récupération d’un terrain. La construction intervient soit par exploitation du premier propriétaire terrien soit par un acheteur issu de la classe moyenne ou supérieure de la ville. Il est soit un Moroniens dit de souche vivant à Moroni ou dans la diaspora, un commerçant ayant réussi sans lien de parenté avec la ville ou un haut cadre de l’administration publique ou privée présent dans la métropole. Malgré un investissement de cette taille, le quartier reste un bidonville et la dualisation avec le centre se maintien. La diversité du type d’habitat dans ces quartiers se heurte à l’insalubrité, le manque des déchets et d’entretien. Ce qui atteste une bidonvilisation. Séparés par un équipement modeste à l’entrée ou à la sortie du quartier, les bidonvilles se limitent devant les équipements publics d’envergure au niveau de la ville. Signe d’une dualisation sociale et territoriale.

Les équipements modestes comme les borne-fontaine attestent la présence de bidonville autour. Tout autour, nous trouvant le stade de Moroni et un des hôtels les plus attractifs de la ville, Hôtel le Moroni dont parfois le quartier porte aussi le nom. Le bidonville est caché par ce mur en briques. La photo montre la transition entre les bidonvilles vus ci-haut et les quartiers du centre urbanisés. Les populations des bidonvilles vont se rencontrer avec celles du centres dans les grands équipements comme le grand marché de Moroni, etc.

C’est dans cet endroit que les populations se croisent le plus souvent. Les fonctionnaires, des revendeurs à la sauvette et du marché, des chauffeurs de taxi, maçons/artisans et les Moroniens de souche, tout ce beau monde se retrouve ici et s’échange divers services sous la gestion des autorités municipales.

Entre le quartier Volo Volo et le quartier de l’El Marouphe, on traverse le marché de Dabaï (photo 1 et 2), annexe du marché de Volo Volo. L’El Marouphe est le nom de l’hôpital universitaire et de référence des Comores localisé à Moroni. L’hôpital se trouve au bord de cette route à l’allure de rue commerçante se prolongeant jusqu’à la Place de l’Indépendance, et annonçant l’entrée dans l’espace formel de la ville et de la métropole. L’opposé du bidonville.


Ses routes bien aménagées datent de l’époque de la colonisation française. Les trois axes de boulvards qui la constituent prologent ses routes attachés vers le grand marché de Moroni en longant des rues commerçantes au nord, vers l’est en allant vers la Place des Banques en longeant les batiments adminstratifs datant eux aussi de la colonisation française. Le quartier est limité au sud par la muraille de l’ancienne ville reconvertie en espace d’affiche publicitaires et à l’ouest se trouve le litoral . En face sur l’image, nous avons le batiment de l’ancienne assamblée coloniale sosus la colonisation et quelques années après l’indépendance des Comores, il a abrité le sèige de l’ansemblée nationale. Il se localise presque toute l’administration de Moroni dans cet endroit.

Il abrite l’administration centrale du pays. Il s’trouve le ministère des affaires étrangères et de celui des finances, les différentes directions des entreprises publiques et privées. Cette concentration est le signe d’une ville ouverte uniquement vers le centre urbanisé et construit durant l’époque coloniale française. Elle témoigne un endroit où l’on observe de l’urbanité.

Elle est au nord-ouest de Moroni intra-muros reconvertie en stand d’affiche publicitaires. Elle séparait Moroni médina et Moroni Place de l’Indépendance en longeant le long du littoral. Sa reconversion en équipement public sous la gestion de la mairie, elle affirme la connexion de la médina au centre urbain construit par l’ancienne puissance coloniale française. Un réaménagement qui prolonge le centre de Moroni.

Dans cette partie sud-ouest, la médina accueille des services privés comme les soutiens à l’informatique et à la bureautique, les services de cyber-café, de restauration et de commerce, mais cette fois-ci, les autorités parlent d’activités formelles. Ces anciennes maisons en durs logés les populations de Moroni dits de souche. Malgré qu’ils n’y vivent plus, ils gèrent les espaces censés être publics en gestion communautaire et familiale. Les mosquées et les lieux de détente ne sont réservé que pour les populations dites de souche. Pourtant les maisons sont aussi louées à des populations dites étrangères dont ils n’ont que la gestion de l’espace constituant leur foyer. Contrairement dans le bidonville, ici tout est régulé par l’autorité des familles et les autorités municipales.

L’un des endroits les plus fréquentés de la ville avec les deux marchés de Moroni. On trouve la préfecture de Moroni, des banques, des assurances, des restaurants, le Centre Nationale de Documentation et de la Recherche scientifique et le siège de la gendarmerie nationale. Derrière le quartier, dans la partie sud-ouest, se localise le deuxième grand marché de Moroni et premier en matière de construction. Il est construit en même temps que la médina. Il fait office de frontière entre le quartier de La Place des Banques et la médina dans la partie nord-est car l’ancien mur qui servait de muraille s’est effondrée. Le quartier de la Place des banques, le quartier de l’indépendance et la médina forment un ensemble. Le centre-ville de Moroni ou Moroni originale qui s’oppose aux périphéries bidonvilles. L’entagonie de ces deux entités exprimée la dualisation sociale et territoriale de Moroni.

Il est l’extérieur de la médina vue de l’intérieur de la ville dans la partie sud-est. Le quartier fait office d’entrée à la l’intérieur de la médina en passant par l’intérieur de la métropole. Il fait aussi office de limite voire de transition entre l’urbanisation et la bidonvilisation au sud de la ville de Moroni.
Toutes ces ruptures spatiales s’accompagnent de revendications politique et sociale mises en récit dans la littérature grise, dans des textes littéraires, dans la chanson et surtout dans les échanges quotidiens entre les individus. A travers et au travers la photographique nous structurons et lisons les caractéristiques de cette inégale production de la ville et ses manifestations, qui montrent les signes de sa métropolisation.